• on 5 avril 2019

LE CRUCIFIX, COMME LE MORTIER DES PIERRES DE NOS MAISONS

LE CRUCIFIX, COMME LE MORTIER DES PIERRES DE NOS MAISONS

 

La décision de retirer le crucifix de la salle du Conseil municipal a été prise dernièrement, sans trouver important de consulter la population. Il en va d’un geste symbolique fort qui laisse les fidèles dans un état de grande inquiétude.

 

Suite à cette décision, S. E. Monseigneur Christian Lépine a rappelé qu’à Montréal, un crucifix a été installé dans la salle du conseil municipal en 1937, il y a maintenant 82 ans. « Par ce geste, les élus de l’époque exprimaient la reconnaissance de notre histoire et de nos racines. Déjà en 1643, Maisonneuve avait posé la croix sur le Mont-Royal, de sorte que ce signe de l’Amour qui donne tout pour toute l’humanité, fait partie de l’espace public depuis la fondation de notre ville. »

 

L’Archevêque de Montréal, a aussi rappelé que le crucifix « constitue un héritage dont nous pouvons tous être fiers; c’est un signe vénéré par les chrétiens, toujours vivant et ouvert au respect des autres croyances qui vénèrent leur propre signe ». Il reconnaît enfin que « cette décision appartient aux élus qui représentent la volonté des Montréalais qui sont tous citoyens à part entière de notre société. »

 

De son côté, S. E. Monseigneur Ibrahim M. Ibrahim, Évêque éparchial des catholiques grecs-melchites du Québec et de tout le Canada a écrit à Madame la Mairesse et aux Membres du Conseil Municipal en lui exprimant d’abord combien, à son arrivée à Montréal il y a 15 ans, il était « très enthousiaste à l’idée de planter mon cœur dans le cœur de cette terre du Québec, riche en culture et en histoire.

 

Pour moi et pour beaucoup de gens que je connais, pas seulement des chrétiens mais aussi des gens de d’autres religions, et même des non-croyants, le crucifix signifie cette parenté et cette solidarité entre eux. » « En décidant de retirer le crucifix de la salle du Conseil municipal et le déposer dans une section muséale dans l’hôtel de ville, vous nous avez tous fait très mal. Nous estimons que vous avez rejeté un symbole important de notre collaboration pour la paix, la liberté et l’unité.

 

Loin de symboliser la répression ou l’intolérance, ce crucifix a envoyé un puissant message d’inclusion. Il a proclamé que les pauvres, les
souffrants, les opprimés et les marginalisés devraient toujours rester sous les yeux et dans la pensée de ceux qui font nos lois. Sur la croix, le Christ assume la souffrance de l’humanité entière. Sur la croix, il se place carrément du côté des marginaux et des sans-droits. Nous savons très bien combien de personnes, privées de droits, ont traversé notre histoire, les souffrances des peuples autochtones du Canada, la répression de la langue et de la culture canadiennes-françaises. » Il termine en disant: « Je crois que nous devrions garder ensemble cette identité importante de notre voyage historique. »

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