• on 4 novembre 2018

RÉFLEXION de M. Jean-Pierre Divay, marguillier de notre paroisse

RÉFLEXION de M. Jean-Pierre Divay, marguillier de notre paroisse

En 1978, mon chemin de vie m’amena à entrer au service des immeubles et équipements de l’Université du Québec à Montréal avant même son inauguration officielle. J’eus le temps de constater que cette nouvelle institution se bâtissait sur les cendres de ce qui fut le collège Sainte-Marie. Elle puisait-là ses ressources matérielles et pédagogiques. De plus, le gouvernement avait alors exproprié le quadrilatère Ontario, René Lévesque, Berri, Saint-Denis pour construire le nouveau campus. À l’intérieur de celui-ci, il y avait une magnifique église, l’église Saint-Jacques, construite sur le côté sud de Sainte-Catherine avec son transept du côté nord. De ce vaste complexe ne reste maintenant qu’une demi-église toujours ouverte pour le culte mais amputée de son presbytère. Du côté nord, il subsiste le clocher et la salle des boiseries qui sert pour les cérémonies protocolaires. C’était tout un patrimoine religieux qui disparaissait sous les pics des démolisseurs. Le progrès, disait-on.

Le clocher de l’Église-de-Saint-Jacques est une tour carrée de style néogothique construite de 1855 à 1857 et augmentée d’une flèche en 1876. Ce clocher et le transept sud, en pierres grises, sont les seules parties qui subsistent de ce lieu de culte catholique démoli. Ces éléments s’intègrent aujourd’hui au pavillon Judith-Jasmin de l’Université du Québec à Montréal, un bâtiment moderne en brique rouge construit en 1979. Situé rue Saint-Denis, classé immeuble patrimonial. Il bénéficie d’une aire de protection des sites archéologiques du Québec

Puis, mon chemin m’a mené à devenir marguillier pour notre paroisse par amour du patrimoine bâti religieux du Québec. Après avoir vu ce que le progrès pouvait apporter comme désolation, je me devais de faire ma part dans la sauvegarde de notre héritage. Ce qui m’amène à vous parler non pas de l’église mais de l’enfant pauvre de notre patrimoine, le presbytère. Si vous avez voyagé dans notre belle province, sans doute avez-vous remarqué ces magnifiques immeubles qui reflètent bien la vie de nos
ancêtres, avec perrons, balcons, fenêtres à lucarnes et boiseries ouvrées. Les régions du bas du fleuve et de Charlevoix en regorgent. Bien souvent le presbytère outre-classe l’église ! Mais le nôtre qu’en est-il ?

Le nôtre de l’extérieur n’a rien pour attirer le regard. Bâti dans le style Nouvelle-Angleterre de la fin du 19esiècle, celui-ci n’a rien de patrimonial, mais il a quand même une longue histoire de faits vécus. C’est notre premier curé, le père Joubert avec un des Frères Montfortains qui se mirent à le construire à partir d’un abri temporaire en 1895, donc avant l’église, pour servir les Frères Montfortains nouvellement arrivés de France sur un terrain donné par la famille Décary. C’est donc le 27 septembre 1895 que le chanoine Bruchési officialisa le tout. Le 9 septembre 1901 eut lieu par criée, la vente de bancs à l’église pour couvrir les frais encourus par les Frères Montfortains pour la construction de leur résidence. On peut imaginer qu’à l’époque ils étaient nombreux, vu l’ampleur du bâtiment.

Puis en 1990, les Frères Montfortains quittent les lieux en exigeant un prix de vente dépassant la capacité de payer de la Fabrique. Il ne resta qu’à demander de l’aide à la ville de Dorval. Après un échange fructueux, une partie du terrain adjacent au presbytère fut acheté par la ville de Dorval ; ce qui permit à la Fabrique de devenir propriétaire du presbytère avec bien sûr la responsabilité de maintenir en bon ordre le bâtiment et son contenu.

En y entrant la première fois, je fus frappé par le calme et la sérénité qui y régnaient comme un avant-gout d’éternité. Un plafond haut comme il se faisait autrefois, des murs couverts d’icônes religieuses. Un escalier magnifique, des meubles anciens et nouveaux, il faut bien vivre avec son temps.  Mais voilà, un troisième étage non utilisé, laissé à l’abandon, une plomberie à refaire, un système de chauffage et un réseau électrique désuets. Les années ont passé sans qu’il n’y ait eu d’investissement majeur pour assurer sa pérennité ! Hélas !…   Nous avons encore la chance d’avoir un curé-résidant mais qu’adviendra-t-il le jour où celui-ci nous quittera… pas de curé-résidant, pas de presbytère. Les règlements municipaux ne permettent pas de donner une autre vocation à ce lieu de culte Espérons qu’encore une fois les pics des démolisseurs n’auront pas le plaisir de démolir un autre legs du passé. Mon vœu serait de maintenir une église vivante, une communauté participative, la seule garantie pour un AVENIR rayonnant pour la PAROISSE DE LA PRESENTATION DE DORVAL.  Merci

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