« Semer sans rien attendre »
Il faut être audacieux pour commenter une parabole après que le Christ lui-même en a donné une explication précise. Que nous dit Jésus? Que nous pouvons faire confiance au grain, que la semence est de bonne qualité… alors il faut nous interroger sur la qualité du sol où tombe ce grain.
En Israël, le climat est désertique et cette terre de soleil et de roches fait en sorte que les fermes ne sont pas ce qu’elles sont ici : comme la surface est réduite et que la terre meuble est très rare, on sème partout à la volée : chaque petit buisson et chaque petit sentier reçoivent avec le champ leur part de semence. Avec une telle méthode, il va de soi que la dureté du sol, les pierres, les oiseaux, le soleil et les ronces sont autant d’obstacles qui peuvent nuire à la semence.
Je ne veux pas donner de cours en agriculture y connaissant rien moi-même et sachant bien que personne ne va semer cette semaine… mais j’aimerais bien qu’à l’invitation du Christ, on s’interroge ensemble sur la qualité de la semence de la Parole de Dieu dans nos vies : quelle est la qualité de mon cœur? Il ne suffit pas que la Parole soit efficace et puissante pour qu’elle produise son fruit. Il faut que nous l’entendions avec un cœur ouvert et décidé à la mettre en pratique.
- Les grains tombés au bord du chemin : ça nous ressemble quand on se laisse entrainer sur la route du facile : « Tout le monde le fait, fais-le donc ». Cette route du superficiel éloigne de l’essentiel et de la profondeur.
- Les grains tombés sur le sol pierreux : ça nous ressemble quand l’indifférence et la rancune nous rongent de l’intérieur ou quand on s’emballe, mais sans suite. C’est l’homme d’un moment qui ne résiste pas aux intempéries parce que sans racines.
- Les grains dans les ronces : lorsque les soucis du monde et les séductions du confort ont priorité dans notre vie.
- La bonne terre : terre de ma disponibilité, de ma joie de vivre en baptisé. Il n’est pas donné à tous de connaître les mystères du Royaume, dit le Christ : mais il n’est donné à personne de connaître ces révélations pour s’asseoir dessus : la Bonne Nouvelle est trop importante pour ne pas être partagée. Quelqu’un de replié sur lui-même est quelqu’un qui tourne le dos à Dieu.
Gilles Baril, prêtre


