Célébrer la Ste Présence divine
Les gens plus âgés se rappelleront avec nostalgie que dans toutes les paroisses de notre belle Province, la fête de St-Sacrement était une occasion extraordinaire pour manifester notre amour et notre dévotion envers Jésus présent dans la Ste Eucharistie. Je me rappelle que dans mon village cette journée était célébrée dans la joie d’accueillir Jésus parmi nous. Le St-Sacrement était porté en procession dans les rues du village. On se rendait au Reposoir, soit une maison du village dont la façade était bien décorée pour accueillir Jésus. Les maisons où devait passer la procession, étaient décorées comme pour dire à Jésus regarde ma maison, ma famille. Chaque famille recevait une bénédiction. On avait l’impression que nous vivions tout comme il y a 2000 ans lorsque Jésus marchait sur nos routes, nous regardait et devenait comme l’un de nous. En fait, Jésus s’est fait l’un de nous pour être comme nous et venir combler toutes les faims et soifs de nos cœurs. Ma mère nous racontait que lors d’une procession, on avait amené une petite fille de cinq ans qui avait été ébouillantée et qui souffrait énormément. Au passage de Jésus, elle a été tout à fait guérie et sa peau est devenue tout à fait normale. La preuve que ce pain porte la présence réelle de Jésus vivant. Il n’est pas un souvenir, mais une présence réelle, vivante et amoureuse. Une fois la procession terminée, Jésus retournait dans l’église et chacun désormais l’apportait dans son foyer, sa famille, son travail sachant que nous n’étions plus seuls mais qu’il était devenu ce compagnon et cet ami dont nous avons tellement besoin. Nous savions qu’il nous accompagnait car les cloches sonnaient le matin, le midi et le soir pour nous le rappeler. Ces mêmes cloches sonnaient lors d’événements importants de notre vie : baptême, communion, mariages, funérailles, le dimanche pour nous rappeler que Jésus nous invitait à recevoir un pain qui venait du ciel et que notre destinée était dans une autre vie. La croix du clocher pointait vers le ciel, très haute, nous invitant ainsi à élever notre regard et nous rappeler que Dieu nous accompagnait dans notre quotidien, partageant nos joies, nos peines, nos soucis et nos rêves.
L’eucharistie n’est donc pas un rite ou un souvenir lointain. C’est Jésus lui-même qui se donne sous le signe du pain. Le pain est fait pour être mangé et devenir nourriture. C’est le sens profond de ce pain divin qui nourrit, nous transforme et nous rend capable de poser les mêmes gestes que Jésus. Il est un don, une présence et une communion. Jésus ne nous dit pas seulement je t’aime, non, il est la nourriture de nos amours et de nos cœurs.
Comme on prépare un repas en lui donnant de la saveur, il est bon de préparer son cœur afin que Jésus donne saveur à notre vie et notre cœur. Il nous donne l’énergie pour nous transformer, poser des gestes de bonté, de paix, de pardon et de don. Et puis, en sortant de l’eucharistie, c’est chacun de nous qui s’engage à devenir pain de joie, de bonté, de bonheur et d’affection pour ceux et celles que je vais côtoyer au cours de la semaine. Il y a tant de gens qui ont faim d’amour, de joie, d’attention, d’affection, alors Jésus me demande de porter ce pain à ceux et celles qui sont affamés. Communier, c’est recevoir Jésus en moi, vivre de son amour et goûter dès ici-bas ce que nous allons vivre pleinement un jour dans le Royaume. C’est une semence d’éternité car Jésus nous promet la Vie Éternelle. L’eucharistie n’est donc pas une habitude, mais une rencontre avec Jésus lui-même. Jésus entre dans mon cœur, mais moi aussi j’entre dans le cœur du Père. Lauréot Couture ptre



